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Augmentation du désir par la proximité. L'Avent est le temps du désir, l'attente dans le froid et dans la neige, la pluie et le vent.

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La Bêtise de Zadig et d'Astrée

Il va neiger... C'est sûr... Je ne vois pas d'autres explications aux courses-poursuites permanentes.

Réserve de Nutella

La réserve de Nutella se monte à 30% ! Rhaaaa, j'ai craqué ;)

Au fil du temps

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Vendredi 19 décembre 2008
 

Commençons par le début, j’ai des névroses… Vous me direz, rien de bien nouveau sous le soleil et je sais que vous, les z’amis, en avez tout plein aussi. Non, non, ne cherchez pas à nier, nous avons dû passer des dizaines d’heures à boire des cafés / bières / verres de vin à se les comparer / triturer / analyser… Et l’une d’entre elles est que j’ai une sainte horreur du changement informatique. Ça me terrifie, me paralyse et in fine me provoque des ulcères. Si ça ne tenait qu’à moi, j’en serais toujours au bon vieux PC qui tournait sous Windows 95 que j’avais chez mes parents et baste. Oui mais, l’informatique est tout sauf de mon côté, et j’en ai bien conscience. Je ne compte plus les fois où j’ai passé des heures à me demander ce qui clochait


-    avec le Pad, avant de comprendre que le lynx des neiges l’avait bloqué
-    avec Thunderbird qui s’évertue à bugger et me supprimer entièrement mon carnet d’adresses tous les trois mois
-    avec l’écran qui se fige au beau milieu d’un article
-    avec le clavier bloqué sur le clavier numérique, lynx des neiges again
-    avec l’alimentation qui meurt, qui ressuscite, qui re-meurt, qui re-ressuscite…

Je remercie d’ailleurs officiellement mes deux potos de la mort qui tue, mes deux private hotlines à moi qui, avec force patience, écoute et parfois baragouinage (nan, mais là tu vas dans le bios et tu tapes « ????? », après tu triple cliques et tu retapes le code « ???? », et ça marche – Ha ? Ben, ça marche pô – T’es sûr que t’as bien tapé « ??? » - Ha, ouais, ouais, j’suis sûre… Ha non, tiens, j’ai dû sauter une étape) m’ont dépannée au téléphone et parfois même IRL. Que Bertrand et Alain soient ici dûment remerciés, qu’ils puissent à jamais manger des kilos de cassoulet sans prendre un gramme et avoir le poil soyeux et brillant.

Bref, je digresse, me direz-vous. Eh bien, non, chers camarades de jeu ! Je suis en plein dans le sujet. Mon Asus Z92J, répondant au doux nom de « ‘tain, mais machine de m… », si beau, si jeune (merdouille, seulement deux ans et aussi cher que de la peau de coucougnettes, j’eusse aimé le garder un peu plus longtemps), s’est – presque – envolé au Paradis des PC portables. Après être tombé de mon bureau, poussé par une force qui nous dépasse (Astrée ? le Mauvais œil ? Dieu ?), l’écran s’est pété. Argh ! Alors que l’on commençait tout juste à se connaître intimement, à s’apprécier, à moins faire la fine bouche (Allez Mamour, tu veux bien que j’installe un nouveau logiciel sans que tu plantes ?), à enfin se comprendre lui et moi, voilà qu’il casse ! Et que je dois tout recommencer avec un nouveau…

Me voilà donc désormais avec Hp Dv7-1103EF que j’ai adopté après un long après –midi fnaquien (15h-20h, un truc à rendre un bonze hystérique). D’une nature fidèle et peu volage en matière de laptop, je voulais reprendre le même modèle. Oui mais : il n’existe plus, déjà dépassé, haha, mais c’était une antiquité votre bouse-là, mademoiselle… Bon, soit… Alors, hop, je vais prendre celui qui fait multimédia machin-truc avec le Pad qui fait miroir en même temps et la coque noire irisée, (on ne se refait pas), et le bloc numérique, et l’écran 17 vrais pouces, et le disque dur de 250 Gigas…. Et Windows XP bien sûr ! Ha non, ça, Mademoiselle, y a plus, c’est forcément Windows Vista – Ha bon ? Et c’est pareil ? – C’est tout pareil, mais en mieux ! Ha bon ? Et je ne peux pas remettre Windows XP, pas hasard ? Parce que les habitudes, tout ça… - Ha non, surtout pas, ça va tout casser la machine à l’intérieur et ça on ne garantie pas… Mais, je vous assure, c’est tout pareil !

Retour dans mon home sweet home avec mon nouveau compagnon. Effeuillage précautionneux, découverte de la bête, yeux qui brillent, allumage, démarrage et là… C’est le drame ! Mais… mais… Y a rien qu’est pareil ! Ils ont tout changé les noms, j’ai whatemille raccourcis commerciaux sur le bureau, il y a plus de raccourcis dans le menu « Démarrer » que de débardeurs dans mon placard, c’est tout transparent de partout. Et là, je m’interroge : Mais, c’est quoi ce bordel ?!?! Si Vista, c’est voir, alors pas de doute, j’en vois des choses, par contre, les comprendre… Et en plus , faut tout réinstaller… Damned ! Rendez-moi mon Windows XP ! Rendez-moi mon Asus ! Je suis toute perdue…

Et dire, qu’il y en a des assez fous pour essayer de me convaincre de me mettre au Mac, voire à l’iPhone… Je me gausse ! Et parce que je ne m’en lasse pas, cette brève de comptoir :

Mais qu’est-ce donc qu’un iPhone ? Un iPhone, c'est une gaufre électronique qui plante au bout de quinze jours mais avec laquelle les garçons s'amusent à agrandir plein de choses.

Moi : Et ça sert à quoi un iPod ?
Garçons : C'est pas iPod, c'est un iPhone.
Moi : Ha...
Garçons : Et ça sert à plein de trucs. Tu vois là j'ai l'agenda, Internet, mes mails, de la musique, des vidéos...
Moi : Ha. Mais c'est tout petit ce qu'il y a sur l'écran.
Garçons : Ha oui mais regarde, si je tripote, ça s'agrandit...
Moi : Haaaaaaa.....

Toute cette longue note pour un jeu de mots en titre… C’est pas comme si j’avais un article de 2 900 signes qui m’attendait sur les chargés de clientèle Particuliers…
Par Miscellanées - Publié dans : To Life - L'Chaim
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Mercredi 3 décembre 2008





Diantre, des mois que je n’avais pas posté sur le Miscellanées. Comme on me le rappelait hier, on en vient même à avoir de la poussière sur le clavier. J’avais promis à Tuurngait que s’il reprenait ses activités sur son blog, je ferais de même, et comme c’est désormais chose faite (bon le bougre a décidé de poster une photo par jour, je ne pourrai jamais suivre…), je me vois obligée de tenir ma promesse.


Par quoi commencer ? Ces derniers mois, j’en ai lu, vu et fait des choses…


 


© Rêves de Cendre

 



Le meilleur ?


 

Avoir adopté la jolie Astrée, trouvée sur un parking dans le grand Nord, à Liévin. Jolie minette certes, mais qui m’a coûté un rein en terme de véto. Ceci dit, on n’a rien sans rien… Après deux-trois jours difficiles avec mon lynx des neiges, la puce des neiges s’est fait adopter, tant et si bien qu’ils sont devenus inséparables… Reste à savoir comment je vais les transbahuter tous les deux pour les vacances de Noël…

La grosse frustration du moment, n’avoir pas mis un pied dans une expo depuis la rentrée, alors que les tentations de manquent pas. L’incontournable est certainement celle du Grand Palais sur Picasso et les Maîtres qui m’a tout l’air d’être magnifique : 210 œuvres exposées, rien que ça. Et du lourd : Velasquez, Rembrandt, Ingres, Goya, Manet, Van Gogh…. Mais que fais-je donc encore chez moi ?

Par Miscellanées - Publié dans : Zadig et Astrée
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Vendredi 20 juin 2008
Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours, hurlait (presque) Lamartine. Les jours passent, filent et je n’ai toujours pas parlé de l’expo photo de Bertrand au Katabar alors que le vernissage est ce soir.

Amateurs de fleurs de rouille, de rails aux destinations inconnues, de phares modernes et autres beautés industrielles, précipitez-vous au Katabar (37 rue Fontaine, Paris 9). Bonus, on peut picoler en se cultivant. Si c’est pas du dernier chic.

Séance de rattrapage : un second vernissage est prévu le jeudi 26 juin !

Et tout plein de bonus là, maintenant, tout de suite :

Le site de Bertrand


Le texte de Virginie :

« Quand le piéton photographe déraille aux abords de la cité, le voici sur les sillions de la ceinture : de pas en contorsions se dessine une ode aux paysages des contours oubliés où éclosent d’étranges fleurs industrielles. Rails, plantes, herbes, vis et boulons émergent ou subsistent, résistances au temps et aux variations de la cité.

La marche qui s’engage s’attache autant aux perspectives qu’aux détails. Le parti pris des séries révèle leurs mutations et celui de la macrophotographie fait de la matière le premier objet de contemplation.

Terrain vivant, terre de prédilection du photographe, la Petite Ceinture délaisse ses atours fantomatiques pour dévoiler de nouvelles vibrations.
Voici la marge au centre du regard. »

Quelques mises en bouche :













Par Miscellanées - Publié dans : Art
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Samedi 31 mai 2008

J’ai toujours aimé mettre en rapport les œuvres picturales et leurs échos littéraires, et inversement. La peinture et la littérature n’ont jamais autant conversé ensemble qu’au XIXème, peut-être l’une des nombreuses caractéristiques qui font de ce siècle, de loin, mon préféré.

J’avais pu glisser dans mon mémoire de Maîtrise de Lettres modernes le décryptage de La Prune de Manet et Au Café, dit L'Absinthe de Degas. Et comme en ce moment, j’ai un mal fou à me concentrer, si j’attends de pouvoir écrire quelque chose de correct, on n’est pas rendu, j’vous l’dis. Donc, mon II. C) 2) La solitude comme seule perspective, motif littéraire et pictural. Hop, j’aurais quadruplé au moins le nombre de lecteurs de ce paragraphe (quelque peu remanié tout de même).




 

 

Après la publication de L’Assommoir en 1877, le nombre de tableaux ayant comme thèmes le débit de boissons (café, brasserie, mastroquet…) et l’alcool se multiplie. Le motif littéraire devient également pictural. Manet, Degas, Toulouse-Lautrec se sont certainement inspirés de ce roman novateur afin de composer leurs célèbres toiles mettant en scène des buveurs ou buveuses qui vont au-delà de la représentation du pittoresque, ils participent à la création d’un type nouveau de personnage.


On sait l’amitié qui liait Edouard Manet et Zola, le peintre fit un portrait de l’écrivain et sa toile intitulée Nana (1877) inspira l’héroïne du roman éponyme du romancier. La même année que la publication de L’Assommoir, Manet compose le tableau La Prune [1]. C’est un portrait qui met en scène une jeune femme attablée dans un café et rêvant devant son verre d’eau-de-vie. Sa pose a quelque chose de troublant, entre la candeur et la séduction. Elle paraît naïve et pourtant il se dégage d’elle un parfum d’érotisme. Elle a les yeux perdus dans une quelconque chimère de l’esprit, et l’on hésite à la voir comme amoureuse lascive ou comme prostituée prenant la pose. Rien ne permet de choisir. La femme buveuse d’alcool est très fortement sexualisée. Elle appartient au peuple, ses vêtements le prouvent, une robe toute simple et un petit chapeau noir. Elle a les fortes mains dénuées de grâce de l’ouvrière. Le cadre est un café, elle y est seule, dans un recoin. Le personnage occupe tout l’espace du tableau, ce qui retranscrit la solitude de la buveuse. Elle est enfermée dans sa rêverie née de son verre déjà à moitié vide. Le vague de ses yeux et le léger sourire qui naît sur ses lèvres laissent deviner une ivresse qui vient autant de l’illusion dont elle se berce que de l’alcool qui coule maintenant dans ses veines. Le titre est révélateur, le sujet est la prune, ce petit verre d’eau-de-vie, qui attire le regard du spectateur par le jeu des perspectives. C’est également les effets que son absorption provoque, ce que retranscrit la langueur de la femme qui est tout à la fois songeuse et amorphe. On pourrait parfaitement imaginer que cette toile de Manet condense dans l’espace-temps réduit du tableau, les scènes de soûlographie de Gervaise à l’Assommoir. Les éléments clefs sont cette prune qui rappelle la scène où Gervaise et Coupeau partagent « une prune[2] » et l’isolement de cette femme, coupée du monde qui l’entoure par l’alcool, qui sera celle de Gervaise lors des scènes de soûlographie dans l’établissement du père Colombe.

 




 

Un autre tableau révélateur de la solitude du buveur est Au café, dit L’Absinthe[3] d’Edgar Degas. On ne saurait mettre trop en avant les connivences entre Zola et Degas, ils se sont inspirés mutuellement et ont travaillé les mêmes thèmes. Zola puise chez ce peintre une partie de ses descriptions, que l’on peut qualifier d’impressionnistes, dans L’Assommoir. D’emblée les tableaux ayant pour sujet des blanchisseuses ou des repasseuses se présentent à l’esprit. Ils traitent de la même façon le thème de l’alcoolisme par la solitude à laquelle ils renvoient leurs personnages. Cette toile a pour décor le café de la Nouvelle Athènes, place Pigalle, dans lequel les peintres impressionnistes aiment à se réunir après avoir délaissé le café Guerbois en 1876. Ajoutons simplement que Degas a fait poser des amis pour cette œuvre, le graveur Marcellin Desboutin, et l’actrice Ellen Andrée. Le tableau met en scène deux personnages, une femme et un homme. Le peintre par le jeu des lignes de force du tableau, les tables vides au premier plan, les renvoie dans un coin du café. Ils semblent avoir été pris sur le vif, comme la buveuse de Manet. La table où l’on peut lire la signature de Degas est celle d’où part le champ de vision, comme si le peintre s’était attablé là et avait reproduit la scène qui se déroule sous ses yeux. L’impression de solitude qui se dégage du tableau est encore plus grande et plus perceptible que celle de La Prune. En effet, dans le tableau de Manet, le personnage est seul, ici ils sont deux. Loin d’être convivial et un liant social, l’alcool est ici une barrière, un cloisonnement. Les personnages ne se regardent pas, s’ignorent ou n’ont même pas conscience de la présence de l’autre bien qu’ils soient assis côte à côte. Enfermés dans leur hébétement, ils sont désespérément seuls. Leur positionnement suggère qu’ils  se connaissent, qu’ils sont venus ensemble. Ils sont attablés à la même table de café, et se tiennent proches l’un de l’autre alors que les autres places sont libres. Ils font partie du peuple, leur accoutrement défraîchi en témoigne. La femme a les épaules qui tombent, elle est avachie, dans une attitude de relâchement total. Tous deux sont enlaidis par l’alcool. Les cheveux de la femme s’échappent de sa coiffure, et l’homme les a totalement ébouriffés. L’alcool les rend négligents. Leur visage n’a aucune expression sinon celle de la torpeur. Leur regard est vide, vitreux, perdu dans une contemplation vague. On peut même dire qu’ils paraissent totalement abrutis par la liqueur. La scène est éminemment pathétique. Le verre d’absinthe, reconnaissable à sa couleur verte, la carafe qui a contenu l’eau qui a servi à la préparer, et l’autre verre de spiritueux, trônent sur les tables. Leur présence si voyante détermine leur statut de figures actancielles. Enfin, la solitude est amplifiée par la barrière des tables du premier plan qui isolent encore les personnages du spectateur du tableau. Tout n’est que désespoir et fatalité. Il est très intriguant de constater des similitudes frappantes avec L’Assommoir. L’ambiance générale qui se dégage du tableau rappelle fortement celle du roman de Zola. On ne peut se départir de cette idée. Le tableau a été vraisemblablement peint aux alentours de 1876, soit un an avant la parution en volume de L’Assommoir. Or, l’ouvrage est paru en feuilleton dès le 13 avril 1876 dans Le Bien public, on est donc en droit de penser que Degas l’aurait vraisemblablement lu et qu’il pourrait s’en être inspiré pour ce tableau qui est à l’image du couple de Gervaise et Coupeau.

 

La solitude des personnages clefs de L’Assommoir que sont Coupeau et Gervaise est vue à travers le regard de leur fille Nana qui les surprend dans l’établissement du père Colombe. Elle aperçoit sa mère assise « au fond, le nez dans sa goutte, avachie au milieu des engueulades d’hommes [4]». Gervaise, qu’elle aime encore, « dégringole [5]» alors dans son estime. Elle n’est plus que la caricature de sa mère, Nana à cet instant ne la respecte plus et choisit de fuir cette maison d’ivrognes. Passe encore que son père boive et la frappe ensuite en l’injuriant mais avoir tous les soirs le « beau tableau [du] papa pochard, [et de] la maman pocharde  [6]» sous les yeux, c’est trop. La figure la plus pathétique est d’ailleurs moins Coupeau que Gervaise, celle-ci « tassée sur une chaise, roul[e] la tête avec des yeux vagues et inquiétants ouverts sur le vide [7] ». Après s’être grisée avec Coupeau, Gervaise est renvoyée à une solitude qui lui ouvre les abîmes du dedans. Il en va de même pour Germinie Lacerteurx dont le visage « s’enferme et se retire en lui-même [8] ».

 

La peinture rend compte de manière plus frappante de la solitude du buveur. Contrairement à la littérature où la temporalité et l’enchaînement sont pris en compte, un tableau donne à voir directement et dans une ambiguïté moindre la conséquence de la consommation d’alcools forts : une solitude abyssale. Ainsi, le motif de l’alcool, qui est à la fois un motif littéraire et pictural en cette fin de XIXème siècle, n’apparaît-il jamais comme un liant social mais toujours comme une force qui désolidarise le buveur d’avec le reste de la société. On sait que la désolidarisation de l’individu du groupe est le point de départ de la décadence, cette perspective aboutit in fine au héros décadent.

 

 


[1] Huile sur toile, 74x49 cm, Washington, National Gallery  of Art, 1878

[2] L’Assommoir, Émile Zola, édition établie et annotée par Henri Mitterand, Préface de Jean-Louis Bory, Paris, Gallimard, coll. Folio, 1978, p.52

[3] Huile sur toile, 92x68 cm, Paris, Musée d’Orsay, vers 1876

[4] L’Assommoir, p.435

[5] L’Assommoir, p.435

[6] L’Assommoir, p.435

[7] L’Assommoir, p.436

[8] Germinie Lacerteux, Jules et Edmond de Goncourt, édition établie par Nadine Satiat, Paris, Flammarion, collection GF, 1990, p.240



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Dimanche 30 mars 2008


Rangement de bibliothèque pour la énième fois pour caser les bouquins achetés hier sur les quais. Et puis, je retombe sur Festins secrets de Pierre Jourde, un excellent roman, publié par L’Esprit des Péninsules (encore moribonde ou définitivement enterrée ?
Ha non ! Merveilleuse nouvelle pour un dimanche pluvieux) et dispo en poche. Et comme pour une fois, je m’étais foulée d’une petite chronique, je vais faire du neuf avec du vieux et l’on mettra cette flemmite aiguë sur le compte de cette heure, ô combien précieuse, cruellement volée.  







Logres : « Cette ville est, comment dirais-je, délétère. Intimement, elle pue. Une fois qu’on y est plongé, elle vous ronge, elle vous dissout. »

Pierre Jourde est professeur de littérature à l’Université de Grenoble III. Il est également l’auteur de deux essais drôles et méchamment ironiques, ouvertement polémiques où il fustigeait les « grandsécrivains » du XXIème siècle consacrés par une petite partie – mais au pouvoir démesuré – de la critique française dont la chef de file est Josiane Savigneau avec son organe de propagande littéraire Le Monde des Livres. Le premier, La Littérature sans estomac (L’Esprit des Péninsules) a d’ailleurs obtenu le Prix de la Critique de l’Académie française et le second,
Précis de littérature française du XXIème siècle (Mots & Cie) a été co-écrit par Eric Naulleau.

Il a également publié des ouvrages de critique littéraire notamment sur des auteurs de la Décadence tels que Huysmans,
Huysmans : A Rebours, l’identité impossible (Champion), ou Vialatte, L’Opérette métaphysique d’Alexandre Vialatte (Champion). Après la parution confidentielle de ses deux premiers récits, Courage de clowns (L’Harmattan) et Dans mon chien (Parc), Pays perdu (L’Esprit des Pénisules) lui apporte une petite renommée. La raison en est avant tout fallacieuse. Après avoir fustigé certains romanciers contemporains, certains l’attendent de pied ferme. Les attaques les plus virulentes ne viendront pourtant pas de l’auto proclamée élite de la critique française mais des habitants du village qu’il décrit qui tenteront même un lynchage physique de l’auteur. Comme quoi, contrairement à ce que soutenait Descartes, ce n’est pas le bon sens qui est la chose la mieux partagée mais bien la bêtise.

« A se demander si […] la ville ne t’empêchait pas de sortir du cercle magique qu’elle a tracé autour de toi. Tu as besoin de Logres, tu appartiens à cette ville, aussi répugnante qu’elle soit. »

Gilles Saurat est un jeune professeur agrégé de Lettres. Tout juste sorti de Normal Sup’ et une thèse en cours, il est muté à Logres. Dans le train qui l’emmène vers la provinciale ville, il fait la connaissance d’un vieil homme qui lui en brosse un tableau noir aussi bien de son triste paysage que de ses sombres habitants.

Sur place, son enthousiasme à transmettre les subtilités de la langue et de la littérature françaises se heurte à des élèves de ZEP brutaux, au vocabulaire et à la pensée limités. Les arcanes et les circulaires hiéroglyphiques de l’IUFM ne lui seront d’aucun secours, ce qui n’étonne en aucune façon son collègue Zablanski, utopiste passé de l’autre côté du miroir.

Le reste de son temps, il le passe à côtoyer les membres de la bourgeoisie locale lors de fastueux dîners organisés par sa logeuse, la veuve froide dont le mari a mystérieusement disparu en mer. Dans cette vaste demeure, il découvre peu à peu la troublante collection de manuscrits du XVIIIème ainsi que les arborescences sans fin des fichiers de l’ordinateur de l’intrigant maître de maison. A peine remis d’une rupture amoureuse qui n’en finit pas de se consumée, il redécouvre le plaisir dans des rencontres sensuelles nocturnes et anonymes.

Lentement, lascivement, violemment ou insidieusement, Logres tisse sa toile de folie autour de Gilles.

Fantasmes, fantasmagorie, contamination du réel, entrelacements de discours et recherche désespérée d'une pureté à jamais perdue.

Logres, la ville qui condense toutes les horreurs de la société moderne, celle qui dévore ses habitants ou qui les englue. Son lycée peuplé de pantins décérébrés terrorisant et humiliant l’équipe de professeurs progressifs, les poussant dans les limites de leurs retranchements pour les envoyer au final dans une maison de repos. Recours impossible auprès de l’Education nationale, machine administrative au système tentaculaire, impénétrable, kafkaïen, quintessence de la société contemporaine qui prend dans sa toile le jeune professeur perdu dans ses couloirs labyrinthiques. Le Système éducatif et ses termes vidés de sens, ses sigles obscurs, déréalisants, ses mots absurdes pour désigner des élèves qui n’en sont plus, des « apprenants » qui rejettent toute forme de culture, de savoir, une entreprise massive de nivellement par le bas pour éviter que le citoyen soit doué de pensée et enfin indépendant.

Jourde pousse au paroxysme les scènes qui se déroulent au collège. L’activité diurne de son anti-héros est d’un réalisme qui frise la caricature ou le grotesque. Et que dire du réseau de notables qui figurent une société déliquescente où les bassesses s’avouent autour de repas aux invités aussi faisandés que les viandes pourrissantes qui leur sont servies. Le seul refuge possible est l’ombre, la pureté de la nuit où les aventures mi-réelles mi-fantasmées de Seurat sont un rempart à la médiocrité actuelle. Bientôt, pourtant, ce refuge sera lui aussi contaminé par le malsain.

Le roman sombre sournoisement dans le fantastique. Des sonneries de téléphone longues et impérieuses qui résonnent dans la vaste demeure aux rencontres mi-réelles, mi-fantasmées de Gilles, le récit coule doucement vers la folie, démon personnel qui prépare la chute de la raison. Fantasme et réalité se confondent dans la arachnéenne ville de Logres. La nuit, propice aux aventures sexuelles étranges, à une Eurydice invisible et chaude. Les rendez-vous nocturnes de Gilles dans la grotte, passage entre deux mondes et dernier lieu d’un semblant de pureté, rythment le récit. Ces rendez-vous bientôt substitués par d’autres, plus violents et pathétiques avec la veuve froide aux désirs singuliers.

Cependant,
Festins secrets est avant tout un roman de discours. Entièrement écrit à la seconde personne du singulier, ce « tu » équivoque et obsédant détruit l’illusion d’un roman dont le lecteur pourrait se protéger. Impitoyable, il brise autant les illusions de Seurat que celles du lecteur lui-même. Il force son anti-héros à se dévoiler, à ne plus se mentir à lui-même. Fascinant par l’enchevêtrement des discours qu’il propose, celui du narrateur, celui de l’utopiste aigri et cynique qu’est Zablanski, ceux des dîners, ceux des circulaires, ceux de l’ancienne compagne de Gilles. Le lecteur surnage au milieu de ces confrontations de points de vue, de ces dialogues qui n’en sont plus. Et s’abîme dans l’écriture précise, esthétisante, trouble, radicale et angoissante de Jourde, sauvé in extremis de la paranoïa qui suinte de Gilles. Glauque, froide, moite Jourde colore son roman d’une ambiance lourde et malsaine dont il est difficile de s’extraire. Festins secrets dévoile les arcanes de la folie dans une tragédie grotesque qui laissera sûrement son empreinte sur le lecteur exigeant.
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Vendredi 28 mars 2008
Deux coups de coeur musicaux qui sentent bon la vie




En premier, Les Voisines de Renan Luce. La Lettre m’avait déjà séduite par son ton si joliment optimiste, Poésie dans ce monde de brutes. Et là, mardi matin, alors que je m’apprêtais à faire réchauffer mon troisième café et à fumer ma sixième clope, je suis littéralement happée par le timbre délicatement cassé, délicieusement voilé d’une voix et par une mélodie si légère qu’elle fait d’emblée naître un sourire. Demi-tour vers la télé, et découverte du clip. Coup de cœur ! Hommage à Fenêtre sur Cour d’Hitchcock et clin d’œil à Psychose, le clip est aussi drôle et soigné que les paroles. D’un érotisme badin et espiègle, Les Voisines, c’est un peu la Badoit des matins difficiles, à consommer sans modération.

J'ai toujours préféré aux voisins les voisines
Dont les ombres chinoises ondulent sur les volets
Je me suis inventé un amour pantomime
Où glissent en or et noir tes bas sur tes mollets

De ma fenêtre en face
J'caresse le plexiglas
J'maudis les techniciens
Dont les stores vénitiens
Découpent en tranches
La moindre pervenche
Déshabillée

J'ai toujours préféré aux voisins les voisines
J'ai toujours préféré aux voisins les voisines

J'ai toujours préféré aux voisins les voisines
Qui sèchent leurs dentelles au vent sur les balcons
C'est un peu toi qui danse quand danse la mousseline
Invité au grand bal de tes slips en coton

De ma fenêtre en face
J'caresse le plexiglas
Je maudis les méninges
Inventeurs du sèche-linge
Plus de lèche-vitrine
À ces cache-poitrines
Que tu séchais

J'ai toujours préféré aux voisins les voisines
J'ai toujours préféré aux voisins les voisines

J'ai toujours préféré aux voisins les voisines
Qui vident leurs armoires en quête d'une décision
Dans une heure environ, tu choisiras le jean
Tu l'enfil'ras bien sûr dans mon champ de vision

De ma fenêtre en face
J'caresse le plexiglas
Concurrence déloyale
De ton chauffage central
Une buée dense
Interrompt ma transe
Puis des épais rideaux
Et c'est la goutte d'eau
Un raval'ment d'façade
Me cache ta palissade
Une maison de retraite
Construite devant ma f'nêtre
Sur un fil par centaines
Sèchent d'immenses gaines

J'ai toujours préféré aux voisins les voisines
J'ai toujours préféré aux voisins les voisines
….



Deuxième univers tout aussi charmant, celui de Berry avec Le Bonheur. Musique douce, nonchalante avec son harmonica et ses bulles d’eau pour des paroles mélancoliques. Paradoxalement, Le Bonheur est peut-être l’une des chansons les plus optimistes et épicuriennes que j’ai entendues. Plutôt que d’avoir peur de passer à côté ou de le flétrir, se dire que le bonheur n’existe pas ou plus sûrement qu’il est déjà dévoilé, qu’il a toujours été là, qu’il faut juste savoir le saisir, que dire de plus. Ne pas s’attendre au bonheur mais le cueillir dans tous les instants. J’aime bien. Bon promis, la prochaine fois, je parle de System of A Down et Rammstein, ça ira beaucoup mieux.


N'ayez pas peur du bonheur
Il n'existe pas
Ni ici, ni ailleurs
Da di da di da, da di dam

Nous allons mourir demain
Ne dites plus rien
Le bonheur conjugal
Restera de l'art /
Tisanat local

Laissez-vous aller
Le temps d'un baiser
Je vais vous aimer

Le trésor n'est pas caché
Il est juste là,
à nos pieds, dévoilé
Il nous ferait pres /
que tomber

C'est dommageable qu'on ne vive
qu'une seule fois
C'est le temps d'une joie
qui s'offre comme vous à moi

Laissez vous aller
Le temps d'un baiser
Je vais vous aimer

Un peu de sel dans la mer
Ne changera rien
On s'adore, on s'enterre
On trouve une main et on serre

N'ayez pas peur du bonheur
Il n'existe pas
Da di da di da, da di dam

Laissez-vous aller
Le temps d'un baiser
Je vais vous aimer

Laissez-vous aller
Le temps d'un baiser
Je vais vous aimer

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Mardi 11 mars 2008
tour-eiffel_rouge.jpg Municipales du XIIème arrondissement de Paris :


BLUMENTHAL (PS-PC-MRC-PRG) 46,1%    
CAVADA (UMP)  24,3%
LEPAGE (MoDem)   9,9%
PERNIN (MoDem dissident)  6,5%      
NAJDOVSKI (Verts)   5,9%    
COULNECHEFF (FN) 2,9% 
PEREZ (LCR)   2,8%    
LEMONNIER (PT)    1,0%    
MILLOT (LO)    0,6%    

Que dire ? Sinon que Cavada s'est pris ce que l'on appelle familièrement une déculottée et que mon début de semaine est pour une fois radieux. 

Et d'ailleurs qu'a répondu le Grand Monsieur, dans sa grande humilité et avec ce langage châtié qui le caractérise ? Qu'il n'ira pas "faire la pute", verbatim, pour aller chercher des voix... Grande classe encore une fois. 
Par Miscellanées - Publié dans : Paris
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Vendredi 8 février 2008
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Braves gens, cessez sur le champ toute activité

L’infernal Patrick I. expose en ce moment même (et jusqu’au 15 mars) à Rennes dans le cadre du Festival de cinéma de Rennes Métropole, Traveling Buenos Aires.

Sous un titre un peu lambda, Buenos Aires, Une ville aux multiples facettes, se cachent des petites perles.

L’adresse pour les Rennais :

Le Carré des Arts
Centre culturel Pôle Sud
1 rue de la Conterie
35176 Chartres de Bretagne

Pour les autres, vous pouvez visiter l’expo sans même vous levez de votre chaise sur laquelle vous êtes confortablement installés.




Par Miscellanées - Publié dans : Art
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Jeudi 7 février 2008
Parce que c'est rigolo à faire, parce que ça permet de dire du bien, mine de rien, des gens qu'on apprécie, parce que j'espère bien en faire un pour tous les copains.... Des petits textes très courts avec anecdotes et private jokes à l'intérieur... 

Et pour commencer mes deux compagnons de mauvais goût littéraire :



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Blogueur insatiable, bourreau de travail, titilleur de Muse qu'il surnomme affectueusement Plume, le petit Julien de son nom de scène Daylon a décidé de révolutionner la mode scienfictio-moche des couvertures de littérature de mauvais genres. En véritable artiste maudit, il a manqué être le plus jeune razzié de l'histoire bifrostienne, a publié dans les pages de plusieurs revues moribondes voire enterrées et n'illustré que des auteurs invendables car par trop anti-conformistes et modernes. Signes qu'un jour il fera parti des grands, même si, dans l'attente de son génie reconnu, il lui est nécessaire de se plier au diktat du « travailler plus pour gagner plus. »








©
Patrick I.




Bruno.jpg



Forumeur et blogueur impénitent, Bruno, étoile montante de la galaxie Systar, aime parler haut et fort de tout ce qu'il apprécie dans son bazar virtuel. Chantre des chants grégoriens et airs manouches, il frôle parfois la faute de goût en assumant sa Genesis addiction. Prêchant sans fin, et souvent dans le désert, pour une approche philosophique de la chose science-fictive, il trouve parfois en certains auteurs amateurs de volutes chamaniques des réceptacles à sa condition messianique (prions tout de même qu'il ne finisse pas crucifié par certains suppôts hérétiques qui soutiennent que « la SF n'est pas de la littérature » et que  « la philo c'est sympa mais on y entrave que dalle »). Prophète des temps modernes, il use parfois de calembours vermotiens afin de faire rentrer dans le droit chemin la brebis égarée dans des Appels d'Air gauchisants.







©  Daylon
Par Miscellanées
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Mardi 5 février 2008
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Soirée post-conférence pour blablater avec Dieu selon Catherine D., Jérôme N. pour les autres, dans un petit bar à vin que j'aime beaucoup, beaucoup (pour son élégance, son gentil patron, son côté bobo et sa musique, et puis la déco surtout, un jour j'y reviendrai).

Plutôt qu'un long résumé fastidieux voilà le compte rendu très drôle de Catehrine D.

Etaient présents : Catherine D. et son cher et tendre Jean-Phi, Célia C., Patrick I., Mélanie F., Marie-Salomé, Nicolas C. et bien sûr Jérôme N.

La photo est © Patrick I.

Pour lire les autres brèves de Catherine D.





Rue Traversière, un soir de pluie.


- Jeanfiiiiiip, ouais !
- Ouais, Patriiiick !
- Ca va ?
- Ca va et toi, ça va ?
- Charlooootte !
- T’as pas froid, comme ça ?
- Si mais j’ai déjà la crève, alors c’est pas grave.
- Ouah, mais t’es en tailleur !
- M’en parle pas, mes collègues se sont moqués toute la journée.
- Une bière ? Deux ? Quatre ?
- Oh, du chou-fleur !
- Il est cool, ce bar.
- Et sinon, toi, ça va ?
- T’as vu comme ça s’engueule, en ce moment ?
- C’est fou, hein ?
- Non, quand même, on ne peut pas lâcher le rottweiler dès que quelqu’un te traite de vilain canaillou, quand même !
- Ni le rottweiler ni le mari, écoute, ça se fait pas.
- Ah ça ! Elle est grillée. Mais gri-llée.
- Franchement, comment tu veux travailler avec quelqu’un qui te traite de pétasse dès que tu lui fais une remarque ?
- Tout ça, c’est de la frustration sexuelle, moi je dis.
- Oui, c’est comme Woody Allen : « Vous, vous avez l’air d’un homme à qui on n’a pas taillé une bonne pipe depuis longtemps. »
- On peut ne pas aimer, aussi.
- Pas aimer quoi ?
- Ben, le goût.
- Hein ?
- Mais si, c’est David Calvo qui a toute une théorie pour améliorer le goût du sperme, un régime à base d’épinards ou je ne sais quoi.
- D’épinards ?
- Moi, j’aurais plutôt vu un régime à base de miel, non ?
- Arrête, ils ont tous le même goût, de toute façon.
- …
- MOUAHAHA LA BREVE !
- Oh la belle brève, alors ça, si c’est pas une brève, qu’est-ce que c’est ? Tu notes ?
- Noirôôôôme ! Enfin !
- On sort fumer ?
- Il repleut, m’étonne pas.
- T’as vraiment pas froid ?
- Non, non, Célia m’a refilé sa crève, j’ai plus rien à perdre.
- Et Audrey ?
- Oh, elle fait sa snob ; elle est à Budapest.
- Et toi, ça va ? C’était bien, la conférence ? C’était sur quoi ?
- Les poltergeists dans le haut-bavarois à l’époque baroque, hahaha !
- Putain, j’ai raté ça ?
- Moi, je croyais que tu étais surtout expert en porno japonais, nan ?
- Une bière ?
- Deux !
- Oui, oui, de très belles gravures avec une femme et un poulpe.
- Un quoi ??
- Ca doit être tout froid.
- Et ça doit piquer !
- Et les petits ? Ca va, les petits ?
- Oui, le second apprend à pisser dans le pot, pour le moment il pisse à côté, ça va.
- Qu’est-ce qu’on a pu nous emmerder avec ces histoires de décalottage, surtout les vieilles. Et elles insistent, les effrontées ! Un jour, Jeanfip a répondu : « Et si c’était une fille, il faudrait qu’on lui mette un doigt, c’est ça ? ».
- Pour les vieilles, c’est un peu un jeu, en fait, le décalottage.
- Et ça existe sous Mac ?
- …
- MOUAHAHAHA ! Encore uuuune ! Ouh la brève, la belle brève sous Mac ! Note !
- Hé, voilà Mélaniiiiie, ouais !
- Ca va ?
- Oh non, y a l’autre qui a dégainé son appareil photo, oh non.
- Y a plus de Stella ?
- Y a plus que de la 16.
- Va pour la 16 !
- Je vais prendre du rouge, tiens. Tant qu’à me finir, autant que ça vienne vite.
- On prend une assiette de fromage ? Deux ?
- Ouais, avec des figues !
- Chaque fois que je le regarde, y me fait froid.
- C’est juste des films avec des petites jeunes filles qui se font seppuku pendant vingt minutes, c’est spécial.
- On pourrait publier les photos de Patrick avec le texte de Catherine et une préface de Jérôme et une postface de Mélanie !
- Et un gros vaumi de [biiip], hahaha !
- Et si on faisait un calendrier de la SF ? Nu ?
- Non non, je ne fais pas de pose sur un lit gynécologique, hors de question.
- J'ai photographié plein de lits d’hôpitaux, des genres de cyberlits qui marchent tout seul, qui se plient, se déplient, qui mettent le malade debout et tout, c’est génial mais c’est cher.
- Quoi ? C’est à pièces ?
- T’imagines le lit, faut mettre des pièces, comme pour le chauffage en Angleterre, ah ?
- Vous n’avez pas payé depuis novembre ? Clac, le grabataire.
- …
- OUAHAHAHA ! Encore une ! Une brève !
- Merde, j’ai pas entendu !
- Mais si. Note.
- Ah non, y a plus de bière du tout.
- Du tout de chez du tout ? Bon, on va rentrer, alors.
- Tu me fais une dédicace ?
- Moi aussi, moi aussi je veux dédicacer !
- Non, mais non, ça fait DOUZE ANS que tu fais le même dessin !
- Et alors ? Il est très joli, mon dessin.
- Moi, le matin, c’est un yaourt, un café.
- Non, demain soir, j’ai crémaillère.
- Qui c’est qu’est pauvre, ici ? Et qui c’est qu’est riche ?
- On gagne quoi si on répond ?
- Vous prenez par Bastille ou par Ledru ?
- Ecoute, il est catholique de droite et il aime Jérôme Noirez, tu me diras pas qu’il est normal, ce garçon.
- OUIIIIIIIIIIIII ! Encore une, encore une ! T’as noté ?
- J’ai noté, là… merde, tu t’es mouché dans mes notes ?
- Ben quoi ? C’est une serviette en papier et j’ai la crève


Célia C. tient à faire part les lecteurs de l'anecdote suivante :
- Y a vraiment plus de bière ?
- Vous savez, c'est un bar à vins, ici.
Par Miscellanées - Publié dans : To Life - L'Chaim
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