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Vendredi 28 mars 2008
Deux coups de coeur musicaux qui sentent bon la vie




En premier, Les Voisines de Renan Luce. La Lettre m’avait déjà séduite par son ton si joliment optimiste, Poésie dans ce monde de brutes. Et là, mardi matin, alors que je m’apprêtais à faire réchauffer mon troisième café et à fumer ma sixième clope, je suis littéralement happée par le timbre délicatement cassé, délicieusement voilé d’une voix et par une mélodie si légère qu’elle fait d’emblée naître un sourire. Demi-tour vers la télé, et découverte du clip. Coup de cœur ! Hommage à Fenêtre sur Cour d’Hitchcock et clin d’œil à Psychose, le clip est aussi drôle et soigné que les paroles. D’un érotisme badin et espiègle, Les Voisines, c’est un peu la Badoit des matins difficiles, à consommer sans modération.

J'ai toujours préféré aux voisins les voisines
Dont les ombres chinoises ondulent sur les volets
Je me suis inventé un amour pantomime
Où glissent en or et noir tes bas sur tes mollets

De ma fenêtre en face
J'caresse le plexiglas
J'maudis les techniciens
Dont les stores vénitiens
Découpent en tranches
La moindre pervenche
Déshabillée

J'ai toujours préféré aux voisins les voisines
J'ai toujours préféré aux voisins les voisines

J'ai toujours préféré aux voisins les voisines
Qui sèchent leurs dentelles au vent sur les balcons
C'est un peu toi qui danse quand danse la mousseline
Invité au grand bal de tes slips en coton

De ma fenêtre en face
J'caresse le plexiglas
Je maudis les méninges
Inventeurs du sèche-linge
Plus de lèche-vitrine
À ces cache-poitrines
Que tu séchais

J'ai toujours préféré aux voisins les voisines
J'ai toujours préféré aux voisins les voisines

J'ai toujours préféré aux voisins les voisines
Qui vident leurs armoires en quête d'une décision
Dans une heure environ, tu choisiras le jean
Tu l'enfil'ras bien sûr dans mon champ de vision

De ma fenêtre en face
J'caresse le plexiglas
Concurrence déloyale
De ton chauffage central
Une buée dense
Interrompt ma transe
Puis des épais rideaux
Et c'est la goutte d'eau
Un raval'ment d'façade
Me cache ta palissade
Une maison de retraite
Construite devant ma f'nêtre
Sur un fil par centaines
Sèchent d'immenses gaines

J'ai toujours préféré aux voisins les voisines
J'ai toujours préféré aux voisins les voisines
….



Deuxième univers tout aussi charmant, celui de Berry avec Le Bonheur. Musique douce, nonchalante avec son harmonica et ses bulles d’eau pour des paroles mélancoliques. Paradoxalement, Le Bonheur est peut-être l’une des chansons les plus optimistes et épicuriennes que j’ai entendues. Plutôt que d’avoir peur de passer à côté ou de le flétrir, se dire que le bonheur n’existe pas ou plus sûrement qu’il est déjà dévoilé, qu’il a toujours été là, qu’il faut juste savoir le saisir, que dire de plus. Ne pas s’attendre au bonheur mais le cueillir dans tous les instants. J’aime bien. Bon promis, la prochaine fois, je parle de System of A Down et Rammstein, ça ira beaucoup mieux.


N'ayez pas peur du bonheur
Il n'existe pas
Ni ici, ni ailleurs
Da di da di da, da di dam

Nous allons mourir demain
Ne dites plus rien
Le bonheur conjugal
Restera de l'art /
Tisanat local

Laissez-vous aller
Le temps d'un baiser
Je vais vous aimer

Le trésor n'est pas caché
Il est juste là,
à nos pieds, dévoilé
Il nous ferait pres /
que tomber

C'est dommageable qu'on ne vive
qu'une seule fois
C'est le temps d'une joie
qui s'offre comme vous à moi

Laissez vous aller
Le temps d'un baiser
Je vais vous aimer

Un peu de sel dans la mer
Ne changera rien
On s'adore, on s'enterre
On trouve une main et on serre

N'ayez pas peur du bonheur
Il n'existe pas
Da di da di da, da di dam

Laissez-vous aller
Le temps d'un baiser
Je vais vous aimer

Laissez-vous aller
Le temps d'un baiser
Je vais vous aimer

Par Miscellanées - Publié dans : To Life - L'Chaim
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